Notre voyage en Chine, merveilleusement raconté par Thierry.

du 8 au 28 octobre 2017.

Avertissement

Ces notes prises au jour le jour n’ont pas la prétention de décrire de façon rigoureuse et exhaustive le fabuleux voyage que nous avons accompli en Chine du 7 au 28 octobre 2017. Il s’agit tout au plus de mon vécu personnel au sein du groupe et le compte-rendu de ce que j’ai retenu de nos nombreuses visites.

Le 7 octobre 2017

Départ à Zaventem à 13h40. Riki passe la douane malgré son sac multi média dont l’intérieur ressemble à une bombe en pièces détachées. Voyage agrémenté de 2 repas, films et autres sur notre petit écran personnel. Personne ne dort sauf Vincent qui en a écrasé durant tout le trajet.

Le 8 octobre 2017

Avant même de terminer la journée du 7 nous nous retrouvons le 8 à Pékin où il est presque 6 heures du matin. Les douaniers Chinois sont tellement lents que lorsque nous arrivons au lieu de réception des valises, elles sont déjà toutes là.

Émotion pour Marc qui, après 2 ans de préparation du voyage, rencontre notre guide au hall des arrivées de l’aéroport. Celui-ci s’appelle Wang, comme de nombreux chinois, nous explique-t-il d’emblée. Wang nous emmène au car qui nous conduit à l’hôtel, où nous faisons la connaissance de notre accompagnateur Sun.
Il est 8 h. du matin et nous nous reposons jusqu’à 13h, pour une première visite de Pékin.

La météo nous a annoncé un faible crachat, mais c’est de la pluie qui nous attend pour toute l’après-midi !! Les chinois n’arrêtent pas de vouloir nous vendre des parapluies.

Visite du Palais d’été.

Dans le car je comprends après cinq minutes d’explications de Wang que ce qu’il nomme le palais Titi est le palais d’été, de la dynastie des Qing. Les chinois ont également leur Sissi, mais chez eux, il ne s’agit pas d’une gentille princesse, mais d’une méchante impératrice mère exerçant le pouvoir durant 48 ans, jusqu’à sa mort en 1908.

Nous retenons 2 couleurs symboliques, le jaune pour la famille impériale et le bleu pour le ciel. Le chiffre 9 représentant la perfection. Le dragon pour l’empereur et le phœnix pourl’impératrice.

Nous retrouvons ces symboles à divers endroits du palais d’été, dans lequel se trouve notamment une prison dorée que l’impératrice avait réservée à son neveu pendant 10 ans.
Nous parcourons un long couloir extérieur mais couvert, richement décoré de nombreuses peintures.

Ce que je prends au début pour des nénuphars se révèlent être des lotus, plante symbolique s’élevant de la boue, représentant le mal, pour donner feuilles et fleurs hors de celle-ci, représentant ainsi le beau. Ces lotus bordent un immense lac à perte de vue, sur lequel Viviane aurait voulu faire du pédalo sans pédaler (ils sont en effet pourvus de 4 sièges dont deux sans pédales).

Le temple du ciel

Le ciel est vénéré durant la période impériale, dans l’espoir de favoriser les récoltes. La terre est symbolisée par un carré, le ciel par un cercle, ces figures se trouvant dans les architectures successives du tertre, lieu de la deuxième cérémonie, et des temples.

Le plus remarquable est le dernier visité, au terme d’un sprint de 500 mètres afin d’y arriver avant la fermeture de 17h. Ce temple a été construit il y a 600 ans, entièrement en bois, sans un seul clou, les matériaux s’y enchevêtrant astucieusement, outre 4 énormes colonnes, confectionnées chacune à partir d’un arbre entier, et représentant les 4 saisons. A juste titre les chinois sont très fiers de ce monument, symbole de Pékin.

Après cette visite nous allons manger, non sans perdre au passage Myako, Marc et Didier. Wang se fâche sur le restaurant pour ne pas s’être aperçu de l’absence de nos trois convives, qui finiront par nous rejoindre un peu plus tard après une ballade forcée faite d’aller-retour. Vu cette mésaventure, nous espérons obtenir un supplément style vin, mais au grand désespoir de Jacques, on nous annonce du thé à volonté. Nous profiterons quand même de quelques plats complémentaires.

Le 9 octobre 2017

Petit déjeuner à 7h30. Départ en car à 8h30 en direction du vieux Pékin. Les maisons les plus anciennes ont été bâties en bois sous la dynastie des Ming. Les plus récentes en petites briques. Les maisons moins grandes et mal équipées ont été modernisées, avec WC, cuisinières, etc…

À vrai dire nous ne verrons pas grand-chose de tout cela car la visite se déroule en pousse-pousse (non Annick, pas pousse-mousse) relativement étanches, à cause de la pluie, mais nous privant, de ce fait, de toute visibilité. Nous voyons surtout nos pauvres conducteurs-cyclistes, moins bien protégés que nous, ce qui ne les empêche pas de se faire la course.

Nous nous rendons au stade olympique, baptisé « le nid d’oiseau « , vu l’enchevêtrement de ses poutres en acier, dont la longueur totale, nous dit Wang, est de 320 km. Il nous laisse dans ce stade en nous recommandant de ne pas se perdre, ce que nous ferons pourtant, à force de visiter loges et secteur V.I.P. notamment.

Nous tentons ensuite de visiter la piscine olympique, mais la pluie nous apportant plus d’eau que son contenu, nous rejoignons le car qui nous conduit à une excellente table de riz.

Notre programme de l’après-midi nous mène d’abord à la célèbre place Tienanmen ce qui signifie « Paix céleste « . A l’entrée se trouvent deux pavillons dont le nom d’un d’eux nous fait ricaner : le soleil, qui précisément commence à nous manquer tant il pleut. Ne nous plaignons cependant pas à la vue de ces deux gardes immobiles devant le pavillon de la paix céleste, condamnés à demeurer ainsi pendant deux heures jusqu’à la relève. Perpendiculairement, le boulevard de la paix éternelle, long de 49km !

Nous sommes également passés devant le Mausolée de Mao, le Parlement et le Musée national.

Toujours sous la pluie, nous arrivons devant le bâtiment del’opéra, impressionnante construction moderne en forme d’œufcouché. Nous espérions nous sécher en visitant longuement l’intérieur, mais seules les toilettes sont ouvertes, au grand bonheur de certaines. Nous reportons la visite à plus tard et repartons sous la pluie vers la colline de charbon.

Cette colline naturelle contenait la réserve de charbon destinée à chauffer la cité interdite sous la dynastie des Ming (il n’y avait pas de charbon dans le sol). La terre excavée lors de la construction de la cité interdite et ses douves a été accumulée sur la colline, la rehaussant ainsi de 500 m.

Au sommet de la colline, miracle, il ne pleut plus. Nous y découvrons un magnifique panorama de Pékin, depuis lequel nous multiplions les photos.

Nous terminons la journée par une délicieuse fondue chinoise. Ceux qui ont voulu l’accompagner de vin l’ont regretté…

Le 10 octobre 2017

Visite du tombeau des Ming.

Surle trajet, Jacques lit notre horoscope, tradition qu’il renouvellera chaque fois qu’il disposera du journal du jour.

La dynastie des Ming a régné sur la Chine du 14ème siècle jusqu’en 1644.
Le premier s’est installé à Nankin (capitale du Nord), avant que le troisième ne s’établisse à Pékin (capitale du Sud).

Il y a eu 16 empereurs Ming, dont le septième qui a été méchant avec le sixième, lequel a fini par reprendre le dessus pour devenir le huitième. De ce fait, tout comme les deux premiers, le septième (puni) n’a pas de tombeau à Pékin. Comme le sixième et le huitième n’en sont qu’un, sur les 17 règnes, il y a 13 tombeaux. Nous visitons celui du troisième, en réalité le premier enterré là, celui-là même qui a bâti la cité interdite (j’ai besoin d’une aspirine).

L’architecture ressemble à celle de la cité interdite, pour le motif expliqué ci-dessus. Nous visitons trois édifices, dont le deuxième abrite une imposante statue de l’empereur. Dans cette même salle sont exposés divers objets venant de fouilles de divers tombeaux. Retenons que plus le Jade est petit, plus il a de la valeur, et qu’en guise de monnaie, on utilisait jadis des lingots d’or et d’argent, ce qui pouvait causer un problème pratique certain.

Derrière ce bâtiment, et après passage d’un portique, qu’il faut franchir au retour pour ne pas demeurer dans monde des morts, la stèle de l’empereur et son tumulus.

Nous nous dirigeons, toujours sous la pluie (beaucoup plus supportable qu’hier, on s’habituerait presque), vers la voie sacrée, parcourue en sens inverse, bordée de massives sculptures d’animaux symboliques et de mandarins. C’est celle-ci qu’empruntait jadis la dépouille de l’empereur jusqu’à son tombeau.

La grande muraille.

Nous partons vers la grande muraille. Marc nous a choisi un bel endroit, pas trop touristique, approuvé par Wang, pour la découvrir. Nous parcourons une heure de car, et mangeons une très bonne table de riz, sans traîner.

Il ne pleut définitivement plus, et nous voyons même des morceaux de ciel bleu, au bon moment !

Nous montons par une télécabine, afin de profiter au maximum du site, qui se révèle grandiose. Sun, que certains appellent Benjamin, mais qui finalement s’appelle Yang, nous accompagne.

Certains marchent assez loin et haut. Nous faisons tous beaucoup de photos. Riki met son drone en action.
Que puis-je écrire de plus ? C’est simplement beau et impressionnant. Comment ont-ils construit tout cela ? 6.000 kms… La tête du dragon de la grande muraille se trouve près de la mer de Corée, la queue atteint le désert de Gobi.

La légende de madame Meng : au lendemain de ses noces, son mari fut conscrit pour la construction de la grande muraille (y travaillaient également des prisonniers et des militaires). Il y décéda. La veuve se rendit sur place mais ne trouva pas sa dépouille. Elle pleura 7 jours, et l’eau de ses larmes provoqua le basculement de la muraille, en dessous de laquelle se trouvaient de nombreuses victimes de cette construction. Une statue honore le courage de madame Meng.

« Celui qui est monté sur la grande muraille est un héros. Celui qui n’a pas atteint la grande muraille n’est pas un brave. » (Mao Tsé Toung).

La journée se termine autour d’une table de riz. Un tarif y attire d’emblée l’attention de Jacques qui y voit d’abord une carte des vins, mais hélas, c’est le choix des cafés…

Le 11 Octobre 2017

Nous prenons le déjeuner plus tôt vu le programme chargé et notre départ pour Xi-An prévu en fin de journée. Que Vincent est mignon en disant bonjour à sa maman (Jacqueline) en entrant dans le restaurant.

Départ avec valises à 8h15 précises, nous disons au revoir à notre hôtel. Annick vole un parapluie. Pourtant le soleil brille et il n’y pas un seul nuage.

Nous nous promenons dans le Pékin moderne avec ses tours, dont une en forme de pantalon. Nos femmes remarquent au passage des boutiques « comme chez nous « .

Nous arrivons à l’Opéra, déjà brièvement décrit ci-dessus. Ajoutons que la construction date de 2007, et que l’architecte est français.

Pour entrer, nous sommes tous fouillés par des petites chinoises, au grand désespoir d’Annick. L’intérieur de l’édifice comprend notamment 5 salles de spectacle. Nous en découvrons trois : celles de l’opéra, du théâtre et des concerts ; cette dernière nous impressionne avec un immense orgue au fond et un plafond en tissu ballonné. Tout dans l’édifice renvoie au thème du bateau.

Depuis l’opéra nous nous rendons à la cité interdite.

La construction de celle-ci s’est étendue de 1404 à 1420, et a été le domaine des empereurs Ming, puis Qing jusqu’en 1911. Elle est aujourd’hui réservée au tourisme. Elle est entourée d’un double rempart de part et d’autre de douves. Cet endroit était jadis accessible au seul empereur, à l’impératrice, à la Cour et aux Mandarins.

Aujourd’hui nous entrons par l’entrée et sortons par la sortie. La première partie comprend divers édifices à vocation politique, où l’empereur recevait la Cour et les Mandarins. Une immense bâtisse est construite entièrement en bois ; les décorations picturales ont été restaurées, à cet endroit, à l’occasion des jeux olympiques de 2008.

Devant chaque bâtiment se trouvent de gros chaudrons en vue d’y stocker de l’eau, pour intervenir rapidement en cas d’incendie.

La deuxième partie abrite le palais de l’empereur, celui de l’impératrice et les logis des concubines. Elle était inaccessible à d’autres personnes. Les logements des concubines s’étendent sur les côtés, les plus proches de l’empereur étant celles de la plus haute classe sociale. Suivant Jacques, les logements les plus éloignés sont situés rue d’Aarschot.

Il y a au centre un palais abritant une chambre nuptiale, dans laquelle l’empereur était obligé de demeurer avec l’impératrice durant les trois jours suivant les noces. Et à l’époque, il n’y avait pas encore de Scrabble ou de Monopoly.

Nous visitons brièvement le quartier des concubines, qui étaient au nombre de 72, en sorte que certaines ne voyaient finalement jamais l’empereur : il avait beau être bien vigoureux, à l’impossible nul n’est tenu. Et l’empereur n’était pas prêteur ; bref, certaines devaient bien s’ennuyer. Elles perdaient tous leurs privilèges en même temps que leur statut de concubine, soit au plus tard à la mort de l’empereur.

Dans chaque pavillon important se trouve un trône de l’empereur : un rien mégalomane le gars. En plus cela attire les foules, car il faut se faufiler et pousser des coudes pour les apercevoir, et plus encore pour les photographier.

Après cette visite nous allons manger la spécialité de Pékin, le canard laqué. Avant cet excellent moment, nous disons au revoir à notre guide Wang, que nous remercions chaleureusement, ainsi que le chauffeur (ils nous accompagnerons encore jusqu’à la gare).

À notre arrivée à la gare, nous obtenons, moyennant un petit supplément, un statut de V.I.P. qui nous donne droit à un petit coin d’attente, mais pour le reste, les toilettes, par exemple, ne furent pas à la hauteur.

Annick a décidé de faire le trajet face à deux chinois, un jeune et un autre d’âge mur. Le plus jeune se prend de passion pour la belle européenne se trouvant face à lui, et se fait surprendre à la photographier par Marie. Je n’y crois pas, mais change de place quand même !

Nous arrivons à Xi-An vers 11h, et sommes accueillis par Li Na, notre guide locale, qui parle un français parfait, et est très fière de sa ville de 9 millions d’habitants… Avec notre chauffeur elle nous mène à l’hôtel, après avoir expliqué l’origine de son prénom Na (la beauté) et de sa ville (la paix de l’ouest).

Le 12 octobre 2017

Déjeuner vers 8h, et départ à 9 h pour notre première visite. C’est drôle de vivre désormais avec une star. Dans le parc du temple bouddhiste, un chinois veut absolument photographier Annick seule (je n’ai même pas le droit de pauses à ses côtés). Près de l’armée de terre cuite, nous sommes abordés par une chinoise voulant un selfy. Didier a raison : YouTube a déjà fait son effet.

La petite pagode de l’oie sauvage.

Nous entrons par la sortie d’un temple de moines bouddhistes, dans lequel on entre normalement par le sud, et on sort par le nord. L’ensemble est dominé par la petite pagode de l’oie sauvage, d’une hauteur de 44 mètres. Les moines y avaient installé leur bibliothèque.

Dans la Chine impériale des Tang, il n’y avait pas de religion d’Etat, mais celles de l’extérieur étaient tolérées. Xi-An était à l’époque une capitale d’un million d’habitants, ouverte aux autres civilisations et au commerce (route de la soie).

Dans l’axe est-ouest du parc se dressent la tour de la cloche et la tour du tambour. La première doit son nom à la présence d’une grosse cloche que l’on peut actionner 3 fois pour 5 Yuans, ce dont je ne me prive pas.

Nous entrons à l’intérieur d’un bâtiment dans lequel nous assistons à une démonstration de calligraphie. Nous pouvons ensuite acheter des dessins produits sur du papier de riz, et faire calligraphier nos prénoms en écriture chinoise.

L’armée de terre cuite

Le premier empereur de Chine a unifié celle-ci en 220 av. J.C. L’édification de son tombeau a pris 45 ans et s’est achevée sous le règne de son fils. L’empereur devait être enseveli avec la reproduction de tout ce dont il pouvait avoir besoin dans l’au delà, d’où la présence d’une armée en terre cuite. Elle était composée de milliers d’hommes et les armes étaient authentiques. Raison pour laquelle les fosses dans lesquelles elle était enfouie furent pillées et incendiées, détruisant de nombreux soldats. Les archéologues les ont reconstitués mais pas tous. Nombreux sont ceux qui sont toujours enfouis, dans l’attente d’une technologie permettant de préserver les couleurs.

Nous visitons un premier bâtiment où se trouvent deux chars en bronze, puis les trois bâtiment contenant l’armée, dans l’ordre croissant d’importance et d’întérêt. La dernière salle est ainsi somptueuse et nous y resterons longtemps, pris par la grandeur du spectacle. La visite est entrecoupée du repas, au cours duquel nous dégustons la spécialité locale : les nouilles.

Nous retournons en ville et il est demandé au chauffeur d’arriver à temps au spectacle de musique et danse : résultat, de nombreux accidents évités de justesse, et découverte horrifiée de la circulation en ville.

Le spectacle est très beau et haut en couleurs. La salle où nous mangeons ensuite est bondée, mais Li Na fait tout pour que nous ne manquions de rien. Retour ensuite à l’hôtel.

Le 13 octobre 2017.

Le musée de Xi-An

Le musée est consacré essentiellement à la période d’âge d’or de la ville, soit les dynasties des Ran et des Tang, ces derniers produisant notamment des vases tricolores. Li Na nous explique le fonctionnement ingénieux d’une théière, que nous trouvons dans la dernière salle. Des reproductions de soldats de l’armée de terre cuite terminent la visite. Marc nous recommande la visite d’une exposition de superbes photos de la Chine.

La grande pagode de l’oie sauvage

Temple bouddhiste dominé par une grande pagode d’une hauteur de 64 mètres. Devant un temple, des fidèles brûlent des bâtons d’encens dans une grande vasque, puis se recueillent devant une statue de Bouddha. Dans une autre salle une reproduction de la vie de celui-ci permet à Li Na de nous la raconter. A la sortie Jacques s’assied sur un siège cylindrique donnant l’impression de se soulager publiquement. Ce qui inspire ensuite tous les hommes du groupe de s’aligner dans la même position, et se faire photographier en grimaçant de façon non équivoque, papier W.C. à la main. Li Na, hilare, partage cette photo avec toutes ses copines : notre notoriété progresse.

Nous mangeons dans un restaurant offrant un buffet, avec notamment de la bière à volonté et quelques desserts.

La forêt des stèles

Le septième empereur Tang a voulu sauvegarder des textes importants, comme ceux du philosophe chinois Confucius, dont les pensées avaient été écrites par ses nombreux disciples. Nous trouvons ainsi dans une succession de pavillons, de nombreuses stèles, jadis éparpillées dans la ville, rassemblées en cet endroit pour y être préservées.

Dans la dernière salle les textes sont reproduits sur des estampes, en appliquant des feuilles de papier de riz sur les reliefs des stèles, recouvertes après séchage d’encre de Chine, ce qui fait ressortir les signes en blanc.

La grande mosquée

Xi-An ayant été une ville ouverte aux autres religions notamment, les musulmans ont pu y conserver leur culture. Autour de la mosquée elle-même, et après visite de celle-ci, nous profitons d’un temps libre pour nous promener dans des rues et ruelles très animées et odorantes, et visiter le souk. Jacques marchande et fait quelques affaires. Annick n’a pas faim…

Le soir nous dégustons différents raviolis, en quantité suffisante. Nous remercions ensuite Li-Na, à qui nous ferons ensuite tous la bise, ce qui n’est pas usuel en Chine; mais nous ne sommes pas un groupe comme les autres.

Le 14 octobre 2017

Levé à 5h15, afin de prendre le TGV en direction de Luoyang.

Après une sortie du train rapide mais très organisée, nous sommes accueillis à la sortie de la gare par Kao, notre guide local.
Jacques ne tarde pas à remarquer que celui-ci répète la fin de toutes ses phrases comme un écho, ce qui provoque un gros fou rire avec Vincent.

La ville compte 7 millions d’habitants, et s’est fort étendue vers le sud, depuis quelques années, par la construction de tours et centres commerciaux. La partie ancienne est au nord de la rivière Luo, qui donne son nom à la ville.

Le musée municipal

Luoyang a été choisie comme capitale par la seule impératrice qu’ait connue la Chine. On a retrouvé des milliers de tombes aux alentours, dont de nombreuses pièces se retrouvent dans cet immense musée. A l’entrée, une imposante maquette de la ville. A la sortie du musée, un petit groupe de danseuses chinoises a préparé un petit spectacle de rue, ce qui ne plaît pas du tout aux autorités ; après nos applaudissements, elles seront dispersées.

Le repas nous permet de manger diverses nouilles, spécialité locale.

Le temple du cheval blanc

Ce temple bouddhiste doit son nom aux deux chevaux gris, jadis blancs, flanqués de chaque côté de l’entrée. Il s’agit du premier temple de Chine. Kao, qui est bouddhiste, nous explique les neuf abstinences principales des moines, représentées par neuf tonsures sur leur crâne.

Nous verrons plus tard ceux-ci se rendre à l’une des deux prières journalières, dans leur habit de cérémonie jaune.
Partout les fidèles brûlent de l’encens, s’inclinent devant les statues, présentes dans divers pavillons, et déposent des offrandes.

Le domaine comporte aussi une partie internationale avec des temples étrangers. Devant le temple indien, nous faisons des photos de groupe, notamment pour les envoyer à Li Na, afin de lui remonter un moral atteint par un groupe de français râleurs.

Nous reprenons le car vers notre hôtel. Après un petit repos, nous sommes attendus dans un excellent restaurant, la meilleure table de riz depuis le début du voyage. Au retour nous passons devant un beau bâtiment qu’Annick trouve très bien illuminé, avant de s’apercevoir qu’il s’agit de notre hôtel. Le soir certains profitent des massages proposés par celui-ci.

Le 15 octobre 2017

Départ à 9h10, après un petit déjeuner dans un restaurant où nous tournons en rond.
Kao nous rappelle que Luoyang est la capitale de la pivoine. Il y en a plus de 1.200 variétés. Certaines poussent sur des arbustes. La plus prestigieuse est la jaune, couleur impériale. Au printemps, période de floraison des pivoines, la ville attire de nombreux visiteurs.

En car nous passons devant « le quartier des riches  » et l’université.

Les grottes de Longmen (les portes du dragon).

Les grottes ont été creusées pour remplacer les temples (jugés trop fragiles), à partir de 493 après J.C. sous la dynastie des Wei, les travaux s’étendant sur 400 ans, prenant fin sous la dynastie des Tang.

2345 grottes ou niches ont été creusées, et 100.000 bouddhas ont été sculptés dans la roche.

3 empereurs taoïstes ont fait décapiter de nombreux bouddhas. Plus récemment, profitant des guerres du début du siècle, des antiquaires peu scrupuleux ont volé de nombreux petits bouddhas, que l’on trouve aujourd’hui dans des musées occidentaux. Aujourd’hui les bouddhas du site sont bien conservés et protégés.

Nous visitons plusieurs grottes, dont celles aux 1.500 bouddhas, ses murs étant remplis de bouddhas de 4 cms, la grotte à la fleur de lotus, une grotte dont le bouddha a été foudroyé lors d’un orage…

Et bien sûr la grotte dans laquelle se trouve un bouddha d’une hauteur de 17m14, dont la tête mesure 4m. et les oreilles 1m90.

Dans la boutique nous recevons des graines de pivoine. Après le repas pris à proximité du site, 1h30 de route vers Gongyi. Moment pour méditer nous dit Kao.

Grottes bouddhistes de Gongyi

Peu visitées, ces grottes ont été creusées et sculptées suivant le même principe que ci-dessus, dans une roche brune plus fragile (grès ou pierre de sable). Il y en a cinq, et plus de 7.000 bouddhas, dont de nombreux de très petite taille qui tapissent les murs. Certains murs ont été polis au fil des ans, par les mains desvisiteurs. Nous apprécions cette petite visite également pour sa tranquillité.

Nous nous dirigeons vers le tombeau impérial Yongding des Song, mais arrivons en retard pour le visiter, à cause d’un gros embouteillage sur notre route et malgré l’insistance de Kao. Nous repartons donc vers notre hôtel. A l’entrée de l’autoroute nous sommes contrôlés par la police. Les policiers entrent dans le car; ils n’ont pas l’air commodes. Nous repartons après cinq minutes et arrivons à notre hôtel dans la ville de Dengfeng.

Culpabilisé par la dernière visite manquée, Kao nous apporte une bouteille de saké afin d’agrémenter le repas. Il lance ainsi un usage que nous veillerons à perpétuer, lançant chaque début de repas d’un spectaculaire « santé « .

Le 16 octobre 2017

Temple de Shaolin.

C’est dans ce temple que le deuxième empereur des Tang a été recueilli par 13 moines. En remerciement, l’empereur leur a offert des terres. Le temple est le berceau du Kung-fu. Après la méditation le moine a besoin d’exercice. Kung-fu signifie exercice de l’homme mais ceux-ci sont inspirés des combats d’animaux. L’art évoluera par l’ajout de bâtons, sabres, etc… Il y a deux types de kung-fu : le kung-fu souple (auquel nous serons initiés) et le kung-fu dur (ou confiture, et admirons au passage ce calembour subtil de Kao, qui prouve qu’il maîtrise bien notre langue).

Nous commençons la visite de ce lieu hautement touristique par un spectacle de kung-fu, très impressionnant. Nous passons par des boutiques, où Jacques marchande bien, et atteignons l’entrée du temple. A l’entrée d’un pavillon se trouve un arbre de 1.500 ans, l’âge même du temple, qui compta, à son âge d’or, plus de 3.000 moines. Le temple est en réalité perché dans la montagne, comme beaucoup d’autres, afin d’assurer la tranquillité de ses occupants.

Nous montons jusqu’au cimetière des plus grands moines (les sépultures des autres moines, plus modestes, étant ailleurs), se présentant comme une forêt de petites pagodes, appelées « strupar », composées d’un maximum de sept étages, leur nombre variant en fonction du prestige du moine. Ce protocole est encore appliqué aujourd’hui et nous pouvons dès lors voir la sépulture la plus récente, construite en 2006. De nombreuses pagodes sont ensevelies dans le sol, suite à des éboulements, parfois complètement, d’autres laissant encore dépasser leur sommet.

Nous mangeons dans un restaurant servant une cuisine semblable à celle des moines, c’est à dire, exclusivement végétarienne.

Cours de Kung-fu.

Nous entrons dans une des 100 écoles de Kung-fu de la région. Pendant deux heures, deux jeunes maîtres s’emploient à nous enseigner les huit mouvements de base de leur art. La réceptivité de leurs élèves est variable. Si certains s’appliquent avec la meilleure volonté, d’autres préfèrent photographier ou filmer. Marc abandonne rapidement, pour contempler ses ouailles, sauf lorsqu’il s’agit d’exécuter le dernier mouvement, consistant à se placer sur la pointe des pieds.

Nous constatons surtout que des mouvements qui, en regardant le spectacle, paraissaient peu exigeants, requièrent en réalité une grande concentration et un travail très important. L’école comprend ainsi de nombreux élèves soumis à un régime strict. Pour cumuler leur formation générale et celle du Kung-fu, ils ne bénéficient que d’un petit congé annuel. Les écoles sont pourtant très prisées, et les élèves, parfois très jeunes (3 ans !) viennent de toute la Chine. A la fin de notre visite, c’est donc pour eux une grande joie de voir voler le drone de Christian et de se faire photographier.

Après cette riche expérience, nous repartons. Notre car, reconnaissable par sa couleur brune, est confortable sauf les cinq places du fond. Nous nous relayons donc au mieux pour les occuper.

Nous arrivons dans une petite ville de cinq millions d’habitants : Kaifeng. Au restaurant, nous n’oublions pas le saké, qui efface les traces du voyage en car de 2h30, lequel a occasionné courbatures et mal de l’auto. Nous avons remarqué que Kao avait l’habitude d’épeler de nombreux mots, ce qui complète notre imitation, et provoque de nouveaux fous rires. Nous arrivons ensuite à notre hôtel, moderne et agréable.

17 octobre 2017

Nous débutons la journée dès huit heures, la matinée étant consacrée à la visite de la ville.

La pagode de fer.

Cette pagode est haute de 54 mètres et comporte treize étages. Elle a, au départ, été construite en bois, au sein d’un temple récemment rebâti, sauf l’imposant bouddha « accueillant « , dominant celui-ci de ses cinq mètres. Incendiée en 1044, la pagode fut reconstruite en 1049. Le matériau utilisé fut alors une brique rougeâtre, rappelant le fer rouillé, d’où son nom (il n’y a pas le moindre adminicule de fer dans cette pagode). Autour de la pagode se trouvent de beaux jardins, l’un comprenant de nombreux bonzaïs.

Maison de la guilde de Shangan

Cette guilde est installée depuis 2.000 ans. C’est la guilde des commerçants, catégorie sociale la plus basse dans la Chine impériale. Elle est consacrée au général Guan, représentant la richesse. Ce général a été élevé au rang de héros par les chinois (symbole de force) à l’instar de Confucius (symbole de sagesse).

Dans le car, entre les étapes, nous nous relayons toujours pour les places du fond.

Le pavillon du dragon

Ce pavillon a été reconstruit au dix-huitième siècle sous la dynastie des Qing, sur l’ancien palais impérial de la dynastie des Song du nord, lequel avait été enseveli par l’inondation de la ville, provoquée par le fleuve jaune.

Il domine un beau parc, bordé de deux lacs. Kaifeng étant la ville de la chrysanthème, ce parc est magnifiquement décoré, d’autant qu’aujourd’hui débute le mois consacré à cette fleur. La vue depuis le temple, surélevé, est splendide.

Repas rapide au même restaurant qu’hier. Gene remplace le saké de Vincent par de l’eau (il nous en restait !). Le test est concluant, il s’en aperçoit…

Sur la route de la gare, nous disons au revoir à Kao. Celui-ci nous narre une anecdote sur laquelle Vincent s’est voulu jusque-là discret, relative à une douche froide, dont l’effet fut, malgré ses pensées fréquentes pour Li Na, un rétrécissement incontrôlé jusqu’à deux centimètres. L’histoire ne dit pas comment Kao en fut informé.
Kao reçoit une excellente note (N.O.T.E.), ainsi que le chauffeur, auxquels nous disons au revoir à l’entrée de la gare.

Là nous sommes chaudement accueillis par le service d’ordre, fouillant nos valises et délestant au passage Christian et moi de nos mousses à raser, Philippe de son opinel, et, crime suprême, d’une bouteille de saké.

Départ en T.G.V. vers 15 h en direction de Shuzhou. Nous arrivons vers 19h dans la quatrième ville du pays en termes de P.I.B., proche de Shangai et très industrielle. Il fait plus chaud.

Comme aucun restaurant n’est réservé, nous voulons manger du steak et Yang nous déniche un restaurant qui reste spécialement ouvert pour nous. Il y a du vin à la carte, mais la bouteille servie à notre table est totalement passée. Nous nous rabattons donc sur la bière, contrairement à l’autre table, qui a eu plus de chance, sauf une bouteille bouchonnée.

Il y a quelques malades dans le groupe, qui forme cependant une véritable pharmacie ambulante, et la solidarité permet à toutes les victimes de se soigner.

Le 18 octobre 2017

Dans le hall d’entrée de l’hôtel Vincent reçoit un uppercut : notre nouvelle guide est une guide. Elle s’appelle Sheshe, ce qui veut dire corail, son nom français étant donc Coralie. Dans le car elle nous explique que sa maman, qui est de Shuzhou, l’appelle tous les jours à Shanghai, à 21h30 précises, à la fin de sa série télévisée. Nous en reparlerons.

Shuzhou, ville d’environ deux millions d’habitants, est connue pour ses jardins et ses nombreux canaux. Marco Polo y a séjourné. C’est la « Venise de l’Orient ».

Visite de jardins

Nous nous rendons d’abord dans un musée de construction moderne, dont le bâtiment a été conçu par le célèbre architecte Peï, entouré d’un jardin magnifique, lui-même parcouru d’un point d’eau peuplé notamment de koïs très colorés. Le musée n’est pas trop vaste, ce qui nous convient. Il contient de très belles pièces de la période Qing.

Nous visitons ensuite un autre jardin, ancien cette fois, créé au onzième siècle par un mandarin retraité, et donc moins vigoureux, raison pour laquelle il n’avait plus que cinq concubines (au lieu des trois cents habituelles). Ce jardin est un havre de paix, d’équilibre et de beauté. Il est classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Nous visitons également la « modeste » demeure du mandarin.

Les canaux

Nous nous promenons en bateau sur les canaux. Avant d’embarquer nous apercevons une pagode penchée, rappelant la tour de Pise. Nous naviguons d’abord le long de maisons très modestes mais hautement pittoresques, ensuite le long de la vieille ville, et enfin dans le quartier commerçant, où nous débarquons, pour déambuler dans une rue bordée de boutiques diverses, peu fréquentée par les touristes.

Nous reprenons ensuite le car qui nous dépose au départ d’une rue commerçante plus moderne, dont nous atteindrons l’extrémité piétonnière vers 18h.

Dans le car nous menant au restaurant, nous sommes à nouveau amusés par la charmante spontanéité de Coralie, qui, notamment, fait mine de nous inviter chez sa mère, nous raconte comment elle a coincé ses cheveux dans la porte d’une rame de métro à Shanghai, et nous révèle son signe astrologique chinois, le lapin. Par recoupements, Marc devine qu’elle a 29 ans.

Après le repas, nous rentrons à l’hôtel.

Le 19 octobre 2017

Nous partons en car vers Shanghai. Notre première visite est une fabrique de production de soie. Chaque ver à soie produit environ un kilomètre de fil. La légende veut qu’il y a plus de deux mille ans, un ver soit tombé d’un mûrier dans la tasse de thé d’une impératrice, formant un conglomérat de fil, impossible à casser et d’une longueur étonnante.

Nous tombons sur un guide très sympathique, ayant vécu quelques années en Normandie, qui se révélera un excellent vendeur. Il nous explique le principe de production de la soie par le ver, qui se transforme en chrysalide et se protège en produisant un fil unique qu’il entoure autour de lui. Le ver doit être tué dans son cocon pour ne pas casser le fil. Les bobines de fils sont créées en trempant les cocons dans l’eau, ce qui permet, à l’aide d’une petite brosse, de trouver le début du fil, et d’en assembler plusieurs dans une bobine.

Les vers jumeaux, créés artificiellement, permettent la création d’une couette, en étirant progressivement le cocon, qui n’est pas filé.
Le guide nous convainc rapidement de la bonne qualité de la production. Nous sommes donc nombreux à acheter une couette, bien compactée pour le voyage. Nous trimballerons celle-ci comme bagage complémentaire durant tout le reste du voyage. Nous achetons également d’autres produits dans le magasin.

Sur la route vers le centre de Shanghai, nous convainquons Coralie de la réalité de nos prétendus liens familiaux (Vincent étant le fils de Jacqueline et le frère d’Annick). La blague lui est révélée à notre arrivée.

Shanghai est la deuxième ville de Chine avec 24 millions d’habitants (après Chongqing, dans le sud-ouest, comptant 32 millions d’habitants). La ville est coupée en deux par le fleuve jaune, une partie à l’est et l’autre à l’ouest. Les immeubles de moins de trente étages sont appelés « maisons plates », ceux dépassant ce chiffre, des tours. La plus haute de celles-ci dépasse les six cents mètres. Il y a plus de quatre mille tours à Shanghai. La partie est (Tours) a été construite il y a 25 ans seulement, sur des marécages, d’où le nom de « Bund », donné cette partie de la ville.

Nous commençons notre visite en déambulant dans la vieille ville. Celle-ci grouille de touristes. Les façades datant du seizième siècle ont récemment été rénovées. L’ensemble est très réussi et la ballade est agréable.

Nous entrons dans les jardins de Yuyuan, au nombre de cinq. A la différence de ceux de Shuzhou, ils sont plus grands, car ce mandarin voulait davantage impressionner que créer son petit havre de paix. La structure de l’habitation est par contre comparable. Après les jardins se trouve un théâtre en plein air, sur la scène duquel des musiciens interprètent de la musique traditionnelle.

Coralie nous laisse du temps libre dans la vieille ville. Nous repartons ensuite pour visiter un peu l’ancienne concession française.

Depuis quelques temps un virus indésirable s’est insinué dans le groupe, dont la moitié a déjà été touchée, provoquant un concert d’éternuements et quintes de toux. Aussi, après le repas du soir, nous commençons par dévaliser une pharmacie chinoise.

En route ensuite pour « Shanghai by night ». Tant la vieille ville que les tours nous émerveillent par leurs illuminations. Nous traversons le fleuve en bateau, et en embarquant, Viviane à l’idée de substituer la main de Jacques à la mienne, en sorte que celui-ci se fait entraîner par Annick dans la cohue de l’embarquement ! Nous terminons par une promenade près de la tour de la télévision. Toutes les illuminations s’éteignent à 22h précises. Il est temps de se rendre à l’hôtel.

Le 20 octobre 2017

Nous passerons une nouvelle journée à Shanghai avant de prendre l’avion en fin de journée pour Guilin.

Nous visitons d’abord le parc de Fuxing dans l’ancienne concession française. Celui-ci est très animé par des personnes souvent âgées, venant profiter de cet espace au lieu de rester dans leur logement généralement exigu.

Nous y voyons des musiciens, des danseurs, des joueurs de cartes, des adeptes de la gymnastique.

Vincent se mêle à un match de badminton en affrontant un chinois de 70 ans très alerte, Jacques s’intègre dans une chorale et chante « Ce n’est qu’un au revoir « . Près de la sortie, des calligraphies sont peintes au sol avec de l’eau.

Nous nous promenons ensuite le long du fleuve. Il y a beaucoup de péniches.

Nous incrustons dans les photos d’une mariée. A cet endroit des bâtiments anciens rappellent l’occupation anglaise, dont l’un sonnant un peu comme le « Big Ben ».

Après le dîner, nous montons au sommet de la tour Jin Mao, d’une hauteur de 340 mètres. Nous atteignons le 88ème et dernier étage en 48 secondes, soit une vitesse d’ascenseur de neuf mètres par seconde. Nous sommes alors au sommet de la troisième plus haute tour de Shanghai, d’où nous découvrons un énorme panorama de la ville.

Il nous reste à visiter la place du peuple et le musée, dont nous sélectionnons quelques salles seulement, écourtant la visite à trente minutes, avec les seuls volontaires, les autres restant se promener sur la place. Avant le repas du soir, Coralie nous propose du shopping sur la rue (branchée) de Nankin.

Après le repas, nous partons vers l’aéroport. Il y a tellement de contrôles, que nous embarquons aussitôt la porte d’embarquement atteinte.

Pauvre Michèle ! A l’arrivée de l’avion elle doit être prise en charge par le service médical de l’aéroport. Il est finalement décidé de l’hospitaliser à Guilin, dans une section réservée aux étrangers. Vincent et Pierrot accompagnent Yang, que nous déposons avec Daniel et Michèle.

Nous arrivons à l’hôtel vers 2h30, Vincent, Pierrot et Yang nous rejoignant vers 5h.

Le 21 octobre 2017

Notre nouvelle guide locale s’appelle Cléa. Nous l’avions rencontrée la veille, mais les évènements ci-dessus ne nous avaient pas encore permis de faire connaissance. Elle nous explique que Guilin signifie la ville des osmanthus (arbres donnant des fleurs). La ville est entourée de collines en pain de sucre. Guilin vit essentiellement du tourisme. Pour préserver la vue des collines, les immeubles ne peuvent dépasser sept étages. La ville compte cinq cent mille habitants, mais l’ensemble de l’agglomération comprend cinq millions d’habitants. La région est autonome et diverses minorités la composent. C’est dans cette région que l’on mange du chien, du chat et du serpent. Il y a aussi de l’alcool au serpent.

Aujourd’hui nous allons à Yangshuo, village de cinquante mille habitants. Avant notre départ et dans l’attente de nouvelles de Michèle, nous nous promenons autour d’un point d’eau dominé par deux pagodes. Nous apprenons que Michèle et Daniel ne peuvent nous suivre et attendent donc notre retour à Guilin.

Sur notre route nous nous arrêtons dans un restaurant devant lequel sont présentés poissons et crustacés dans des aquariums, dont de grosses carpes. L’un des plats ultérieurement servis est indéfinissable, et Jacques se lance pour le goûter, trouvant les carpes sans goût. Renseignement pris, il apparaîtra qu’il s’agit de bananes. Cette confusion le poursuivra.

Nous arrivons près du village de Xingping pour une très agréable promenade en radeau, par groupes de quatre, sur la rivière Li. Nous sommes entourés notamment de bambous, et plus loin, de collines en pain de sucre.

Un peu plus bas nous visitons le village. Nous dégustons un jus de canne à sucre, fabriqué sur place et sous nos yeux.

Nous arrivons ensuite à notre hôtel situé au sommet d’une petite rue très étroite, où nous nous installons rapidement avant de partir pour le spectacle son et lumière « impression Liu Sanjie ». Le réalisateur utilise le beau décor de la rivière et des collines pour nous offrir un spectacle éblouissant, racontant l’histoire d’une pauvre jeune fille que l’on voulait marier contre son gré ; mais à lafin, elle épousera l’élu de son cœur.

Le public semble peu respectueux des 600 participants à cette représentation : bavardage continuel, téléphone, arrivées en retard, départs avant la fin. Cléa nous expliquera au retour que les Chinois ruraux parlent fort car, vivant à plusieurs générations sous le même toit, ils doivent hausser le ton pour s’adresser aux plus âgés ; quant au spectacle, ils ne le comprennent pas vraiment : ce qui importe pour eux est de pouvoir dire : « J’y étais « . Toujours sur notre retour nous sommes ralentis par un policier borné, qui bloque notre car pendant quelques minutes parce que notre chauffeur a discuté ses ordres.

Le 22 octobre 2017

Départ pour la région de Longsheng. Nous devons limiter nos bagages à un sac à dos, car notre prochain gîte est situé dans la montagne, le village (Ping’an) n’étant pas accessible en car.

Daniel et Michèle ne pourront pas poursuivre le voyage avec nous, cette dernière étant atteinte d’une pneumonie. Elle très bien soignée à l’hôpital. La procédure de rapatriement est lancée. L’agence a mis un guide à leur disposition pour les encadrer.

Le village de Ping’an est peuplé de la minorité Zhuang, dont certaines caractéristiques nous sont expliquées par Cléa, notamment, seules les femmes travaillent, elles ont les cheveux très longs (jusqu’à deux mètres), et ceux-ci restent noirs car elles les lavent avec l’eau du riz.

Pour monter au village, nous devons quitter notre car, et emprunter un bus spécial pendant vingt minutes, conduit par un malade mental qui n’a manifestement peur de rien. Ensuite nous marchons vers le village que nous atteignons au bout d’environ quarante minutes. L’hôtel est très beau et accueillant.

Avant le souper nous partons nous promener dans les rizières. Le riz à déjà été coupé et sèche sur place. A certains endroits, il est déjà extrait avec une petite machine que nous voyons en action, des fagots étant constitués avec les résidus, qui seront ensuite brûlés. Christian met son drone en action.

Le village est très pittoresque. Il n’y a pas de voitures, et même les briques destinées aux constructions sont transportées à dos de mule. Celles-ci sont étançonnées par des bambous, lequel est également utilisé pour y enfermer du riz, cuit sur la braise.

Avant le repas nous prenons l’apéritif, au terme duquel certains goûtent l’alcool au serpent, dont un individu est bien présent dans le bocal.

Nous sommes seuls dans le restaurant dans lequel se trouvent une guitare et un micro. Il n’en fallait pas plus pour mettre le feu. Nous commençons par des chants scouts, puis Christian passe des morceaux amplifiés par le micro, et certains dansent sur la Macarena et Cloclo. La fille du restaurant se mêle à la danse, qui se termine par une farandole endiablée entre Didier et Philippe.

Le 23 octobre 2017

Nous entamons notre journée par une promenade dans les rizières de Longji, durant environ 1h30. Nous sommes guidés par un petit chien très motivé, nous croisons un paysan de 86 ans, et voyons au loin la fauche et le battage du riz. Le drone est remis en mouvement.

Nous atteignons le terminus des bus et un chauffeur moins fou que la veille nous ramène à notre car, avec lequel nous retournons à Guilin.

Après le repas, Marc, Jacques, Yang et moi partons en taxi rendre visite à Michèle et Daniel. Celle-ci va mieux car elle n’a plus de fièvre, mais sa tension reste basse. La procédure de rapatriement n’a pas encore abouti, et reste dans l’attente d’un rapport de l’hôpital. Daniel nous explique que cette expérience lui a permis de connaître la Chine profonde. Nous leur disons au revoir, en espérant qu’ils pourront prochainement rentrer.

Nous visitons une manufacture de thé. Le guide de celle-ci a un accent très drôle (tlès dlôle), qui provoque certains fous rires, que nous pouvons heureusement dissimuler sous les larges chapeaux circulaires dont nous avons été affublés.

Après quelques explications et une démonstration du processus de fabrication de différents thés, nous passons à la dégustation, dans le respect des traditions. Nous pouvons ensuite faire des achats dans la boutique.

Après cette visite nous sommes conduits à la Gare du Nord T.G.V. de Guilin, et remercions en chemin notre guide locale Cléa ainsi que le chauffeur. Destination : Shenzhen.

Dans le train nous apprenons que Michèle n’est pas encore en état d’être rapatriée. Nous sommes bien tristes pour elle et Daniel.

Il y a dans notre wagon des chinois croyant sans cesse être arrivés à la gare à laquelle ils doivent laisser des amis, en sorte que chaque fois que le train ralentit, nous les entendons crier « bye bye », « bye bye ».

L’expression « c’est chinois  » n’est pas usurpée si l’on fait l’expérience du passage entre Shenzhen et Hong-Kong. Emmenés par notre nouveau guide local James, nous avons ainsi chargé nos valises dans le car, atteint la frontière chinoise, déchargé nos valises du car, franchi la frontière chinoise, rechargé nos valises dans le car (qui avait franchi séparément la frontière à vide), atteint la frontière de Hong-Kong, déchargé nos valises du car, franchi la frontière de Hong-Kong, rechargé nos valises.
Je profite de cet épisode pour préciser qu’à ce stade Annick a toujours son parapluie. Et qu’à chaque descente du car, Vincent aide galamment les dames à descendre du car.

Le 24 octobre 2017

Vu notre arrivée tardive la vieille, James nous attend dans le hall de l’hôtel à 10h. Le car a un point commun avec nos chambres : son étroitesse.

Nous montons vers le Pic Victoria, d’où nous avons un beau point de vue sur la ville ensoleillée et la mer qui la borde. Nous descendons au bord de l’eau, où nous trempons nos pieds dans l’eau chaude de la mer de Chine. Il y a aussi un petit marché où nous pouvons marchander et acheter des souvenirs. Hong-Kong est une ville de style occidental, ce qui nous change de la Chine. Ceci conduit certains directement en terrasse le long de la mer.

Nous descendons vers Aberdeen et empruntons un sampan pour circuler à travers le port des pêcheurs. Nous débarquons au restaurant flottant le Jumbo pour le dîner.

Après celui-ci nous découvrons l’autre face de la ville, moins balnéaire, plus écrasante. James nous montre des magasins originaux proposant notamment des vessies séchées de poisson, des nids d’hirondelle, des canards séchés, des poissons séchés, des lézards séchés…

Nous visitons le temple Man Mo, atteint jadis par la mer. Puis nous montons les escalators les plus longs du monde, nous débouchons ensuite dans une galerie aux toilettes « Channel  » suivant nos dames, et au panorama sur la ville. Nous prenons le ferry, et aboutissons à un nouveau panorama sur la ville maintenant éclairée à la nuit tombante.

Comme nous n’avons pas grand faim, nous sommes contents que le restaurant ne soit pas terrible. Recette du jour de Jacques : la croquette de crevette. Au retour, dans le car, certains racontent leur expérience plus ou moins heureuse avec les w.c. Japonais équipant nos chambres. Jacques par exemple n’avait pas trouvé immédiatement la commande d’arrêt du jet. Le guide nous explique des remèdes chinois, dont un à base de bile de serpent (le mot « bile » n’a pas exactement été entendu dans le fond du car…).

Le 25 octobre 2017

Nous commençons notre journée par la visite du jardin de Nan Lian (dynastie des Tang) et le temple de Chi Lin. L’ensemble est de style japonais. L’art de cette construction en bois est de n’utiliser aucun clou.

Nous visitons ensuite deux marchés de Kowloon : le marché des oiseaux. Annick apprécie leur nourriture, exposée vivante, faite de larves, vers et sauterelles. Nous poursuivons par le marché aux fleurs, dont certaines, d’après Paty, ne sont vraiment pas chères.

Notre guide nous emmène dîner dans un restaurant moins touristique : la salle où nous mangeons est un ancien garage, mais la nourriture est délicieuse.

Nous prenons ensuite le turbo jet vers Macao. Sur notre route, de nombreuses petites îles, habitées ou nous. Nous arrivons à l’hôtel vers 17h30.

Après le repas, nous sortons visiter les casinos. Christian emmène un petit groupe de six visiter des hôtels plus éloignés, ce dont nous profiterons tous le lendemain. Un autre groupe regarde jouer puis trouve un endroit sympathique pour boire un verre, et observer le troisième groupe, composé de Marc et Vincent. Le premier perdra sa mise, le second la triplera.

Le 26 octobre 2017

Notre guide nous attend dès neuf heure pour la visite de Macao. Il commence très fort en nous disant qu’il s’appelle Kong.

Macao est une ville de six cent cinquante mille habitants, occupées par les portugais à partir du seizième siècle. L’influence de ce pays est donc importante. Il y a encore cinq mille portugais dans la ville, la population étant essentiellement chinoise cantonaise. La ville a été rattachée à la Chine en 1999, mais conserve une frontière et un gouvernement autonome. Elle vit du jeu (40 casinos, plus 5 en construction), ce qui génère un chiffre d’affaires d’un milliard de HK dollars par jour. Le gouvernement prélevant 32% sur cette manne, les habitants ne paient pas d’impôt, ni eau, ni électricité, et perçoivent même une allocation annuelle.

Nous visitons la façade de la cathédrale saint Paul, dont il s’agit de la seule partie subsistante. Kong nous emmène ensuite à pied visiter de vieux quartiers portugais et le cimetière, ainsi qu’un ancien jardin et un temple.

Grâce à l’exploration de la veille à laquelle Yang a participé la veille, le programme est adapté pour permettre à tous de visiter les deux hôtels les plus spectaculaires, le parisien et le vénitien. Il s’agit d’une véritable reconstitution de cesdeux villes, avec notamment, pour la première, une Tour Eiffel et l’avenue des Champs Elysées, et les canaux avec gondoles pour la seconde.

Le casino est à perdre de vue et nous égarerons Marianne et Philippe d’abord, puis notre président lui-même ensuite.

Annick retrouve son statut de vedette, et beaucoup de groupes s’y intéressent, mais pas autant que Vincent, qui se livre à de multiples séances photos, devant de nombreuses admiratrices fascinées.

Kong nous emmène dans un excellant restaurant portugais. La nourriture est excellente, et il y a du vin. Vincent offre des bouteilles grâce à ses gains de jeu. A quinze heures, il est cependant temps de mettre un terme à nos agapes et reprendre la route.

C’est plus simple que notre arrivée à Hong-Kong, mais le retour en Chine reste compliqué. Nous sommes retardés au contrôle et le car devant nous mener à l’aéroport doit sortir du parking, dont il ne reviendra qu’une demi-heure plus tard. Résultat : nous arriverons In extrémis pour l’enregistrement des bagages, grâce notamment à un débarquement express de nos valises. Un peu plus tôt, au départ de notre guide, nous lui avons dit : « au revoir Kong ! ».

Le 27 octobre 2017

C’est vers une heure du matin que nous retrouvons notre hôtel de Pékin, que nous avions quitté deux semaines et demi plus tôt. Le parapluie est arrivé à bon port.

Sur la route de l’aéroport Yang rappelle qu’il nous quitte le matin. Il nous résume les points forts du voyage et nous dit avec émotion combien il a apprécié ce groupe « familial ». Nous décidons de nous lever assez tôt pour lui dire au revoir.

A l’issue de notre petit déjeuner donc, nous entourons tous Yang pour écouter le discours de remerciement que Marc lui adresse. Puis nous lui disons tous au revoir. Marie et Annick versent une petite larme. Il nous manquera.

Nous partons par groupes séparés pour une journée libre dans Pékin. Notre groupe de dix comprend Riki (que Viviane rebaptise Poggy), avec lequel il n’est pas possible de se perdre, et Jacques, avec lequel il n’est pas possible d’avoir faim.

Grâce aux renseignements de Yang, nous visitons des rues commerçantes de Pékin. Nous voyagerons en métro et en trolleybus.

Pour le dîner nous mangeons un canard laqué dans un excellent restaurant. Le temps est beau et la journée agréable.

A signaler, dans une rue très animée, de multiples échoppes de nourriture, dont scorpions enfilés vivants sur des bâtonnets, puis cuits sur place en vue d’une dégustation. Nous nous abstiendrons.

Nous rejoignons tous l’hôtel en fin de journée. Je récupère ma casquette, oubliée dans la chambre deux semaines et demi plus tôt. Nous partons vers 20 h en direction de l’aéroport. En chemin c’est au tour de Marc de recevoir des remerciements. Jacques prend la parole pour les lui adresser, ainsi qu’à Myako. Lapsus révélateur dans son discours lorsqu’il nous présente comme une « saké banque « .

Nous quittons la Chine à 1h20…

Le mot de la fin

Quand Tintin quitta la Chine à la fin de son aventure du Lotus Bleu, Tchang déclara : « Il y a un arc en ciel dans mon cœur « , évoquantla tristesse de quitter Tintin et la joie d’avoir trouvé une famille.

Et bien sûr nous sommes heureux de retrouver notre famille, notre pays, nos habitudes alimentaires.

Mais en même temps, notre cœur est rempli de souvenirs d’un pays que nous connaissions mal, et avons appris à apprécier et respecter. Que dire alors de l’excellente ambiance de groupe, presque familiale, que nous avons vécue pendant ces trois semaines et que ces lignes ne peuvent représenter que faiblement. Nous nous reverrons tous avec grand plaisir pour évoquer et visionner nos souvenirs.

Thierry Jans 30 Octobre 2017

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